réflexion sur le malaise de notre société

 

 

Dangereux scepticisme planétaire
au moins aussi dangereux que la bombe atomique

Paul Ricœur écrivait, « Il faut accepter, non pas seulement comme une résignation mais comme une approbation, le fait qu’il n’y a pas plus de religion universelle qu’il n’a de langue universelle. … Mais, « cela ne doit pas nous conduire à un scepticisme planétaire au moins aussi dangereux que la bombe atomique ».

Pour saluer un autre que soi, pour l’accueillir, il faut avoir un soi. C’est en accueillant un autre que soi que le soi se découvre. C’est l’en même temps auquel nous sommes plus que jamais appelés.

En fait, « la tâche est double, car il faut redécouvrir sa propre perspective du monde, tout en découvrant les autres perspectives possibles : mais ces deux démarches sont indissociables et doivent être tenues ensemble. Et c’est parce qu’on est capable de critiquer, de déconstruire sa tradition, qu’on est capable de trouver en elle des ressources inédites. La tâche des générations à venir est de sortir du choc dogmatique des civilisations (et des barbaries) sans sombrer dans un relativisme indifférent et sceptique » (Olivier Abel).

« Nous sommes dans le tunnel, au crépuscule du dogmatisme, au seuil des vrais dialogues » (Paul Ricœur).

 

 

 

 

Paul Ricœur, 1961, cité par Olivier Abel, 2019, Le vertige de l’Europe, Labor et Fides, édit. pp. 172-173 et p. 178