Le mot du mois



 

Le mot du mois

 

 

Accueillir l’étranger
Faut-il encore le faire ?

Depuis quelques années maintenant notre vieille Europe, qui montre des signes de faiblesse, est confrontée, plus encore que dans le passé récent, aux phénomènes migratoires et aux mouvements des populations qui fuient leurs pays pour des causes diverses. Nous nous réveillons, nous avions oublié qu’il y a toujours eu des migrations. La Bible nous invite à réfléchir sur cette réalité.

L’étranger a presque toujours une place de choix dans la Bible. Les textes invoquent le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse, le Père de Jésus-Christ et notre Père. Il est lui-même le Tout-Autre, celui qui est différent et qui nous paraît étrange, difficile à connaître. Dieu tout comme l’étranger nous échappe par sa différence.

Les textes bibliques, dans leur diversité, ne cessent de redire que Dieu aime l'étranger. Lorsque le peuple d’Israël est invité à se souvenir de l’œuvre de Dieu envers lui, l’auteur du livre du Deutéronome écrit : « Car c'est le Seigneur votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l'impartial et l'incorruptible, qui rend justice à l'orphelin et à la veuve, et qui aime l'émigré en lui donnant du pain et un manteau » (Dt 10,17-18).

Dieu apparaît ici comme le Dieu de tous les hommes. Il se révèle être un Dieu juste. Il faut entendre par là qui aime de la même manière le riche, le pauvre, l’apatride, l’exilé et ceux qui habitent une terre depuis de nombreuses générations…

La justice de Dieu n’est pas celle des prétoires. Lorsqu’il invite à agir de manière juste, il ne nous demande pas de juger le migrant, il ne nous demande pas de trouver mille raisons de le rejeter, de le coupable de nous envahir mais d’abord de l’accueillir. Il ne s’agit pas ici d’avoir pour but unique de protéger la société, de la sécuriser, ce qui de toute manière a toujours aussi été présent dans l’esprit des lois des États qui accueillaient les migrants. Au-delà de cette nécessité de veiller à la sécurité et à la stabilité, la Bible nous place devant l’éthique de l’accueil. Il s’agit ici de trouver le juste milieu, un idéal symbolique dont on s’approche peut-être sans jamais l’atteindre ou qui ne peut être atteint qu’à certains moments et est constamment en mutation, car le monde change sans cesse. Ainsi, paradoxalement, en certaines périodes de l’histoire le juste milieu n’est peut-être pas toujours au milieu…

Les textes bibliques laissent entrevoir que Dieu est celui qui restaure, qui ouvre un avenir nouveau, qui redonne une place à celui à qui on la refuse. Au travers des récits, nous découvrons un Dieu qui prend le parti des plus faibles, des plus fragiles et qui réclame à leur égard un minimum de justice, d’équité, de compassion ce qui n’est pas, je le précise de la pitié. Alors accueillir, même si ce n’est pas facile et si cela génère des conflits, des insatisfactions, est une attitude que Dieu s’attend à trouver chez les siens puisque lui-même nous accueille avec nos faiblesses.

Selon les textes bibliques, il faut veiller sur l’étranger parce qu’il est en danger, en souffrance. En effet, il n’a pas de moyens de subsistance, aucune protection, il est exposé à tous les maux. Il n’a plus rien à lui, plus de biens. Condamné à errer, il devient dépendant de l’accueil qu’on lui réserve. Selon le texte de Lévitique 25,23, il est comme la veuve et l’orphelin. Derrière cela se cache l’idée selon laquelle refuser d’accueillir, c’est condamner à mort.

Le peuple d’Israël est invité à se souvenir qu’il a lui-même été errant ; de l’Exode en passant par la déportation babylonienne, il a connu les routes d’exil et le rejet. Les exilés d’Israël étaient, eux aussi, ceux qui n’avaient plus rien et dépendaient de la faveur des « accueillants ».

Dans cette logique la loi, la Torah, prévoit des règles permettant aux étrangers d’être accueillis, protégés et d’avoir des droits. Ces protections sont d’abord exprimées dans un langage négatif, « tu ne maltraiteras point l’étranger et tu ne l’opprimeras point ; car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. » (Ex 22,21 ; cf. aussi Ex 23.9 ; Lév 19,33 ; Deut 24,14). « Tu ne porteras pas atteinte au droit de l’étranger et de l’orphelin, et tu ne prendras point en gage le vêtement de la veuve. » (Deut 24,17).

En stricte équité, le principe est posé, la loi doit être la même pour l’étranger et l’autochtone : « Vous aurez le même droit, l’étranger ou l’autochtone ; car je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lév 24,22). Ce principe vaut pour les droits fondamentaux ; certains avantages sont cependant réservés aux Israélites.

Mais il y a aussi des expressions positives où l’on exhorte le peuple à la bienveillance envers l’étranger ; cela est exprimé dans les versets suivants : « Tu ne cueilleras pas les grappes restées dans ta vigne et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l’étranger. Je suis l’Éternel, votre Dieu. » (Lév 19,10 ; cf. aussi Lév 23,22 ; Dt 2,19-21) ; ou encore : « Si ton frère devient pauvre et que sa main fléchisse près de toi, tu le soutiendras ; tu feras de même pour celui qui est étranger et qui demeure dans le pays afin qu’il vive avec toi. » (Lév 25,35). Il devra par ailleurs bénéficier de la dîme : « Au bout de trois ans, tu sortiras toute la dîme de tes produits pendant cette année et tu la déposeras là où tu résideras. Alors viendront le Lévite, qui n’a ni part ni héritage avec toi, l’étranger, l’orphelin et la veuve, qui résideront avec toi. Ils mangeront et se rassasieront, afin que l’Éternel ton Dieu te bénisse dans toute l’œuvre que tu entreprendras de tes mains. » (Deut 14,28-29). L’étranger devra aussi être associé aux repas de fête : « Tu te réjouiras à l’occasion de cette fête, toi, ton fils et ta fille, ton serviteur et ta servante, et le Lévite, l’étranger, l’orphelin et la veuve qui résideront avec toi. » (Deut 16,14 ; cf. aussi v.11).

Nous ne nous attarderons pas ici sur le Nouveau Testament, mais je me contenterai de rappeler deux choses essentielles. Tout d’abord, Jésus nous apparaît comme celui qui erre parmi nous, comme Dieu cherchant son peuple sur la terre et l’apôtre Paul nous dit que nous n’avons pas ici-bas de cité permanente.

Puissent ces quelques réflexions susciter en nous la vigilance sur cette question difficile, loin d’être réglée.

Frédéric Verspeeten,

Pasteur à Valenciennes St Amand

 

 

 

Novembre 2016

 












 

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                                                        Mai 2016

 

Le mot du mois

 

 

Le courant d’air de Dieu
(Evangile selon Jean 20, 19-22)

19 Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étant fermées, à cause de la crainte qu'ils avaient des Juifs, Jésus vint, se présenta au milieu d'eux, et leur dit: La paix soit avec vous !

20 Et quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent dans la joie en voyant le Seigneur.

21 Jésus leur dit de nouveau : La paix soit avec vous ! Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie.

22 Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit.

Voici les disciples après Pâques dans une chambre aux portes fermées, et d’un coup Jésus est là et souffle sur eux, fait passer en eux l’Esprit saint, le courant d’air de Dieu qui ouvre les portes et les cœurs. Certains vivent de prison en prison, les portes se ferment autour d’eux, les clés se perdent, les verrous bloquent tout espoir. D’autres vivent dans l’angoisse des portes battantes, quand tout s’ouvre partout et que le vent les éparpille. Beaucoup aussi vivent en alternance temps de portes fermées et temps de portes battantes.

Parfois les portes claquent comme des gifles et murent l’espoir, enfermant dans des problèmes, des difficultés, des culpabilités sans clé, sans solution, sans ouverture. Parfois aussi on enferme les autres, on fige leur image, on les empêche d’avancer, sans toujours le vouloir. Parfois certains mots ou gestes faits par hasard, par humeur, par distraction, verrouillent les portes de l’amitié ou de l’affection.

Portes fermées, mais aussi souvent, ou pour certains, portes battantes où des vents venus de toute part les dispersent, où tout passe si vite qu’on ne sait plus pourquoi ni où l’on va ; il arrive alors qu’on ne puisse plus, ou qu’on ne veuille plus s’arrêter, fermer un peu les portes pour réfléchir quand même, pour revenir à soi-même, peut-être simplement par peur d’apercevoir au bout cette porte à laquelle nul n’échappe, porte de la mort ouverte sur l’inconnu, le silence, l’immobile.

Je suis de ceux qui croient encore à la valeur du culte dans nos églises. Mais les avis sont partagés. Pour certains, c’est le lieu où les portes se ferment à l’agitation du monde. Assez de ces cultes courant d’air où on entend encore des bruits de guerre et des cris d’affamés, où on entend parler de société, de politique, voire même d’économie ! Au contraire il faut revenir à celui qu’on n’entend plus dans le fracas du monde, dans l’agitation de la vie, retrouver dans nos murs la paix de Dieu, la vraie destination de la création qui est l’amour et l’harmonie. Mais d’autres disent aussi : pourquoi ce lieu fermé où on se rend sourd et aveugle aux remous de la vie dans un confortable égoïsme, lieu artificiel, marginal, inutile, protégé par des vieux rites, des langages hors du temps ? Là on peut tranquillement se déculpabiliser pour ensuite mieux supporter l’insupportable, mieux tolérer l’intolérable. Trop de voix nous appellent, trop de peines à consoler, trop d’injustices à réparer pour avoir le droit de s’évader dans l’intemporel, le spirituel, le religieux !

Revenons à ce récit où Jésus, portes fermées, entre quand même et fait passer sur ses disciples le souffle, le vent de l’Esprit. D’où vient ce vent qui souffle alors que les portes sont fermées ? Voilà le paradoxe : pour que s’ouvrent nos portes extérieures et que le vent nous jette dehors et nous rende capables de briser les murs, il faut d’abord ces temps et lieux de retraite ou de refuge où s’ouvrent nos portes intérieures. C’est là, au fond de nos silences, de nos vides, de nos attentes, que le Souffle viendra. C’est notamment en nous plongeant dans le vieux Livre, loin de l’actualité et des problèmes de notre temps, en écoutant la parole qui le traverse, que le vent de Dieu nous prendra. Alors s’ouvriront vers l’extérieur les portes d’un espoir que rien ne fermera. Ce vent jailli de l’ombre et du silence doit affronter les cris et la lumière. Dans ces lieux et temps fermés comme une parenthèse inutile peut mûrir l’espoir, et pas un domaine de la vie n’échappe à cet espoir.

Ce petit récit nous annonce qu’il n’existe plus de portes blindées, qu’avec la force de l’Esprit nous avons le pouvoir de tout enfoncer, de tout défoncer. Les hommes ont eu beau arrêter, enfermer, crucifier, murer dans un tombeau celui qui venait de la part de Dieu, sa parole de feu passera quand même. Tel est le sens du bouleversement de Pâques et de Pentecôte, où un grand souffle de joie enfonce les portes closes et diffuse la paix.

Jacques Juillard

 

 

Mai 2016

 

                                    Avril 2016

 

Le mot du mois

 

 

Paroles et réalités
« Paix, paix, disent-ils, et il n’y a pas de paix » (Jérémie 6, 14)

« Paix, paix, disent-ils, et il n’y a pas de paix ». Ce constat amer de Jérémie n’a rien perdu de son actualité. On nous annonce des accords de « cessez-le feu » au Proche-Orient et les combats y prolifèrent. On annonce la croissance et la régression continue. On annonce des créations d’emplois et le chômage s’accentue. On appelle au rassemblement et ce qui devait le favoriser devient pomme de discorde. On proclame la lutte contre la pollution et elle augmente. Les réalités ne cessent de contredire les paroles publiques.

« Du plus petit jusqu’au plus grand… tous usent de fausseté » déclare Jérémie. Les déclarations de bonnes intentions sont souvent mensongères ou superficielles. Mais il y a aussi autre chose : une impuissance tragique à changer des situations trop complexes. Nous sommes prisonniers de logiques implacables et infernales contre lesquelles nos souhaits et discours, même sincères, sont inefficaces.

Selon la Bible, il y a une parole, celle de Dieu, qui dit vrai, qui libère de ce qui nous domine et qui fait triompher la vie. On peut voir dans cette affirmation une de ces phrases creuses et sans effet que dénonce Jérémie. Pour ma part, j’y entends plutôt un appel et une promesse : malgré tout, il peut y avoir des paroles humaines justes et agissantes, restauratrices et constructives, à l’image de celles de Dieu. Ne nous résignons pas, espérons ; et faisons tout ce que nous pouvons pour que la distance entre les réalités et les discours diminue.

André Gounelle

 

 

 

Avril 2016

 





                             novembre 2015

 

Le mot du mois

 

 

L’amour est fort comme la mort …
(La Bible Cantique des cantiques chap. 8, verset 6)

Désolé de parler de la mort, c’est vrai que "cela ne se fait pas" et que ce n’est pas drôle, mais il n’est pas inutile d’ouvrir les yeux sur cette réalité. Car notre mort nous pose une question intéressante : nous n'avons qu'un temps limité à vivre, que voulons-nous faire de ces quelques courtes années que nous avons devant nous ? C'est comme si nous étions pour trois jours seulement dans un pays étrange et merveilleux que nous ne traverserons qu'une seule fois dans notre vie, que voudrions-nous faire de ces quelques heures que nous avons devant nous, quelle personne rencontrer, que faire et quel cadeau laisser là-bas ? Cela mérite réflexion, et cela nous aidera bien d'avoir des indications pour mieux choisir ce que nous voulons choisir. Nous souvenir que nous ne sommes pas éternel est ainsi une bonne chose pour ne pas passer à côté.

Mais il y a une autre mort dont nous pouvons prendre conscience : le manque de vie spirituelle. Là aussi, prendre conscience de cette réalité n'est pas triste, mais utile, afin de naître enfin, ou de naître un petit peu plus et de grandir dans cette dimension. C'est d'autant plus facile qu'il suffit pour cela de nous ouvrir à ce quelque chose qui vient de Dieu et qu'il ne demande pas mieux de nous offrir. C'est ce que dit l'Évangile quand il nous dit que Christ est la résurrection et la vie. Vivre dans l'égoïsme, coupé de Dieu et des autres, c'est être à moitié mort et condamné à mort. Ressusciter c'est s'ouvrir à la vie, aimer enfin et même vivre pour toujours.

L'Évangile nous annonce que, en Christ, la mort est vaincue. Bien entendu, la mort physique continue à frapper, mais elle n'est pas la fin de tout. Il y a une dimension de la vie humaine que la mort n'atteint pas, la vie éternelle. En Christ, les puissances de mort reculent, en particulier l'indifférence, le manque de foi, le manque d'espérance...

Cela n'empêche pas que cette mort physique soit un drame, surtout quand elle est prématurée. Car la vie de notre corps, en ce monde, est en réalité une véritable bénédiction pour nous et pour ceux qui nous sont proches. La mort de ceux que nous aimons est très difficile à vivre. C'est normal et il est important de soutenir ceux qui sont dans le deuil. Mais la mort ne diminue en rien la valeur à nos yeux de celui dont le corps a cessé de vivre et nous pouvons continuer à être en relation avec lui par l'amour.

Nicole Vernet

d’après le "Simple petit Dictionnaire de Théologie"

de Marc Pernot

 

 

 

 

 

 

Novembre 2015

 

                                        Septembre 2015

 

Le mot du mois

 

 

DEFAP-service protestant de mission
le 4 septembre 2015

Etrangers et voyageurs sur la terre …
(La Bible 1ère épitre de Pierre chap. 2, verset 11)

Sans exils, sans exodes, sans voyages, sans déplacements et rencontres d’individus, de tribus, de peuples, sans traversées d’eaux dangereuses, sans pleurs et sanglots, sans peur et sans espérance, sans l’infime certitude d’un salut possible… il n’y aurait pas eu de Bible, il n’y aurait pas eu d’Abraham, il n’y aurait pas eu de Joseph, il n’y aurait pas eu d’enfants de Jacob réfugiés en Egypte, il n’y aurait pas eu de Moïse, il n’y aurait pas eu cette histoire d’Israël qui nous a finalement donné Jésus le Christ !

En tant qu’enfants de la Bible nous avons donc un lien spécial, profond, indestructible, avec le migrant, quel qu’il soit ! Nous avons une fraternité souterraine avec les partants, les arrivants, les déplacés ! Fraternité humaine tout simplement, universelle ! Mais au-delà, divine fraternité !

Sans doute ne sommes-nous pas capables de vivre quotidiennement au diapason de cette réalité spirituelle, ni d’endosser les exigences qu’elle comporte. Et si nous pouvons porter nos frères et sœurs dans la prière nous ne pouvons transformer véritablement leur sort immédiat, nous nous montrons si peu aptes à les porter dans leurs difficultés, leurs souffrances !

Mais déjà il nous est demandé de pleurer avec ceux qui pleurent, comme d’être dans la joie avec ceux qui sont dans la joie. Il nous est demandé de conjuguer, même dans le désordre, les gestes de la petite bonté. Il nous est encore demandé, quand nous en avons les talents, d’organiser avec d’autres les grands secours, et de réfléchir avec d’autres pour apporter des réponses à plus long terme.

Mais quoi que nous fassions, n’oublions jamais qu’une foule n’est pas seulement une foule – mais un ensemble de visages, de noms, d’histoires singulières. Et quand l’l’Histoire les transforme en destins tragiques, il nous incombe de ne pas nous détourner, et, quand la tentation s’exprime, dans notre société, de l’indifférence ou du rejet, il nous faut simplement rappeler que « ces étrangers et errants sur la terre et sur les mers », cela fut peut-être autrefois, cela aurait pu être aujourd’hui, cela pourrait être un jour, nous-mêmes, ou nos enfants, ou les enfants de nos enfants…

Car nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre.

DEFAP-service protestant de mission
le 4 septembre 2015

 

 

 

Septembre 2015

 

                                                                  juillet - août 2015

 

Le mot du pasteur

 

 

Allez à la rencontre des autres …

14 Parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie. Celui qui n’aime pas reste dans la mort.

16 Voici à quoi nous avons reconnu l’amour : Lui, Jésus, a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour nos frères.

17 Celui qui a de quoi vivre en ce monde, s’il voit son frère dans le besoin sans se laisser attendrir, comment l’amour de Dieu pourrait-il demeurer en lui ?

18 Mes enfants, nous devons aimer, non pas avec des paroles et des discours, mais par des actes et en vérité.

19 En agissant ainsi, nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous aurons le cœur en paix ;

20 notre cœur aurait beau nous accuser, Dieu est plus grand que notre cœur, et Il connaît toutes choses.

(1 Jean 3, 14 et 16 à 20)

 

***

Lorsque les premiers disciples de Jésus prennent conscience de sa mort, ils se souviennent de ce qu’il a été. Ils se souviennent qu’il leur disait : le Royaume est là, près de vous, dans l’instant présent… Et pour qu’il puisse advenir et devenir réel en chacun d’eux, il les poussait à aller à la rencontre des autres, il les appelait à devenir des êtres nouveaux.

Jean s’adresse ici à sa communauté : si vous voyez celui qui est dans le besoin sans vous laisser attendrir, comment Dieu pourrait-il demeurer en vous ? Selon Jean, il nous est possible de dépasser nos peurs, nos incompréhensions et de devenir proche de ceux qui sont là sur notre route : les malades, ceux qui sont dans la détresse, celles et ceux qui ne savent peut-être même pas nommer précisément la souffrance qui les habite.

Par ces quelques lignes, Jean l’Ancien, invite ses frères et sœurs à ne pas vivre dans le repli sur eux-mêmes en attendant l’autre monde promis marqué par l’Amour. Dieu nous donne la vie, ici et maintenant ! Jean veut changer leur regard, il veut tourner leurs yeux et leurs cœurs vers le monde où ils vivent et les invite à la compassion et à la fraternité !

Pour que cette vie change et soit plus belle leur dit-il, méfiez-vous des beaux discours et comprenez qu’il vous appartient de mettre en actes vos paroles, en actes justes, sans calculs, tout simplement parce que cela doit être fait. Nous sommes tous capables d’apporter une touche de beauté, de simplicité, de vérité dans un monde souvent artificiel qui préfère la dissimulation et le mensonge. La vie nous impose bien des choses, mais l’essentiel en toutes circonstances c’est d’agir avec compassion.

Arrêtons-nous quelques instants, faisons mémoire de ce que nous avons appris, nous découvrirons très vite qu’il y a en nous les graines et les semences de richesses infinies. Si nous les activons et les mettons en œuvre, elles peuvent changer nos vies, changer nos relations, faire place à chacun. Il ne s’agit pas de devenir des super-héros, mais de laisser ce qu’il y a de plus simple et vrai se manifester. L’apôtre Paul avait compris cela à sa manière. Il avait l’assurance qu’aucune puissance, aucune souffrance, aucun mal, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu.

Recevons ce message, gardons-le, transmettons-le par nos actes et nous irons en paix.

Frédéric Verspeeten

 

 

 

 

Juin 2015

 

                                                 

                                                                Mars 2015

 

Le mot du pasteur

 

 

Le miracle ne consiste pas à chasser la fièvre …
mais à transformer nos vies !

c’est cela avant tout la résurrection !


(Lecture du chapitre 1 de l’évangile selon Marc, versets 29 à 39 [version NBS])

Dans l’évangile selon Marc, Jésus, après avoir appelé ses disciples, nous entraîne aussitôt à sa suite dans l’urgente mission de l’annonce de la Bonne Nouvelle. Nous sommes invités à le suivre, ici et là… Partout, il laisse la trace de ce qu’il fait et déjà, il est en route vers un autre lieu… Le voilà avec ses disciples dans la maison de Simon dont la belle-mère est malade atteinte de fièvre ! Jésus la guérit.

Il n’y a rien de spectaculaire dans cette guérison. Ce si petit miracle a-t-il une raison d’être dans la mission de Jésus qui vient manifester l’œuvre de Dieu ? De ce Dieu qui ne sommeille ni ne dort…

Certains diront que ce n’est là qu’un détail, d’autres y verront la compassion et la providence qui prend soin de nous-même dans les petites choses. Pourtant, il faut bien avouer cette idée du dieu providentiel qui s’occuperait de nous dans les moindres détails est souvent battue en brèche par la réalité de nos vies et ce que nous voyons dans notre monde tous les jours ! Alors pourquoi Jésus guérit-il la belle-mère de Pierre ?

L’étude un peu plus attentive du récit nous conduit à remarquer que le vocabulaire employé pour évoquer la guérison est celui que l’on emploie pour décrire la résurrection. La belle-mère de Pierre était allongée, couchée, comme morte et lui la remet debout, la relève. Le récit ne dit pas qu’il la guérit mais qu’il la remet debout.

Dans les évangiles faire lever quelqu’un évoque la résurrection. Pour Marc nous sommes ici en face du signe de la vérité de l’œuvre et de la parole du Christ qui vient accomplir l’œuvre de Salut de Dieu. Quant Jésus intervient dans la vie de ceux et celles qu’il croise il les fait passer de la situation de mort à la vie nouvelle.

Dans nos existences quotidiennes l’ombre de la mort se profile souvent derrière chaque maladie. La guérison ne fait que retarder cette étape inéluctable. Pourtant Jésus lui prend la main et la remet debout ! Telle est l’image de ce que Dieu veut faire pour chacun de nous. Jésus, envoyé de Dieu, vient établir avec chacun le contact de la présence attentive de Dieu ! Ce sera la dominante, le cœur même de son ministère.

Derrière ce "petit miracle", Jésus chassant la fièvre, se cache un miracle plus grand encore et qui échappe souvent à notre regard : Dieu vient nous pardonner et nous ouvrir à une vie nouvelle… à la vie éternelle !

La résurrection ici dessinée n’est pas réduite à une survie à notre condition terrestre. La résurrection c'est la réalité de la présence de Dieu à nos côtés tous les jours, révélée par l’œuvre de Jésus.

Dans les ténèbres de nos vies, dans les ténèbres de notre monde, Dieu vient travailler au renouveau et à la véritable libération de chacun. Nous nous sentons souvent menacés, nous avons l’impression que nos vies sont sans espoir et pire encore sans espérance. Nous ne voyons pas l’avenir, nous ne savons pas où nous sommes entraînés et dans cette confusion nous sommes aussi désespérés de constater que nos frères et sœurs humains subissent la destruction, le mépris, la vengeance, la haine, la cupidité et la liste peut encore s'allonger !

Jésus dans notre récit est présenté comme celui qui vient dans cette nuit de nos angoisses, de nos peurs pour manifester l’œuvre de Dieu et combattre avec nous le mal et la maladie. La résurrection c’est d’abord et avant tout cette relation nouvelle que Dieu dans son amour incompréhensible et infini vient établir avec chacun d’entre nous. Nos vies sont certes encore marquées par la finitude, l’erreur, le péché, la souffrance, le mal mais elles n’y sont plus vouées, ni abandonnées. Elles sont traversées par la présence de Dieu en Jésus Christ qui nous accompagne, nous guide, nous écoute, prie et marche avec nous !

Nous faisons tous l’expérience des forces hostiles dans nos vies, dans le contexte du nouveau testament elles sont exprimées par la maladie et la présence des démons.

Notre récit laisse entendre que Jésus guérissait beaucoup de malades et chassait des démons. Pourtant il n’est pas un guérisseur ou réductible à un thaumaturge, il est porteur de la parole de vie. Il incarne ce qu’il annonce et ce qu’il vit, il est comme l’être nouveau que nous sommes nous-mêmes appelés à devenir. Il ne nous livre pas un traité de philosophie mais la réalité de l’œuvre de Dieu qui vient nous saisir et toucher nos existences. Il vient vers nous avec l’autorité que Dieu a placée en lui. Il ne nous appelle pas à une soumission à des règles religieuses. Il nous montre que Dieu est celui qui nous rend libres. Il fait tomber peu à peu ce qui nous emprisonne. Il vient nous aider à sortir de nos entêtements, de nos prisons, de nos obscurités.

Ainsi une relation nouvelle avec Dieu peut s’instaurer dans nos vies et elle est porteuse de guérison ; pas nécessairement physique mais spirituelle. Sa présence nous aide à discerner les chemins nouveaux qu’il ouvre devant nous.

Jésus est celui qui vient nous redire que Dieu combat les forces du mal et surtout celles qui sont tapies en nous. Cela commence donc dans notre intimité, dans la profondeur de notre être.

Il désire nous faire prendre conscience de nos égarements et de ce qui est déformé. Ce chemin nouveau est l’œuvre de la résurrection qui a commencé en nous. La puissance libératrice de Dieu s’installe en celui qui le laisse agir. Les textes des Écritures ne sont plus pour nous une belle histoire sainte du peuple d’Israël mais parole de Dieu en devenir qui s’inscrit dans nos intelligences et dans nos vies. Dieu ne sera jamais démontrable avec un télescope même le plus puissant. Il faut le chercher là où il est, c’est à dire caché au cœur de notre existence. Il est avec nous dans notre réalité consciente ou inconsciente.

Avec bienveillance mais avec l’autorité de sa puissance libératrice il vient nous éveiller à sa présence. Il nous prend la main comme il le fait pour la belle-mère de Pierre lorsqu’il la remet debout. Bien des choses peuvent nous amener à douter de Dieu, de sa présence, de l’intérêt qu’il nous porte. Nous traversons parfois des situations si complexes, si terribles, tout nous paraît si lourd. Face au destin que nous ne maitrisons pas, il nous redit que nous ne sommes pas seuls, qu’il veille avec nous. Que Dieu malgré les apparences nous est favorable et n’éprouve aucune joie ou satisfaction à nous voir souffrir. Il nous invite à veiller avec lui, à prier, à développer notre communion intime avec lui ; c’est là que commence la résurrection ! Alors que nous nous croyons prisonnier et incapables d’avancer, il nous libère, nous invite à marcher et nous rend capables de le faire à notre grand étonnement !

Pourquoi Dieu le fait-il ? Parce qu’il nous aime, il nous emmène ailleurs, nous montre notre véritable place et le meilleur chemin. Bien sûr nous préférerions qu’il fasse immédiatement cesser ce qui ne va pas dans nos vies, dans celle de nos proches et dans notre monde. Nous voudrions qu’il supprime la douleur. Mais cela changerait-il nos cœurs et nos pensées en profondeur ?

Si parfois nous pouvons dire qu’en certaines situations nous avons pu voir l’œuvre transformatrice de Dieu, dans d’autres cas cela paraît plus difficile à discerner ! Malgré nos prières, nos angoisses, le mal subsiste et semble nous emporter. Mais Dieu est engagé dans ce combat. Il ne se contente pas de calmer quelques douleurs mais il désire tout recréer en nous et dans notre monde. Il met en nous la force du dépassement. Il place sur nos routes des signes de sa puissance et de sa présence.

Le miracle ne consiste pas à chasser la fièvre mais à transformer nos vies ! C’est cela avant tout la résurrection !

 

 

 

Amen

Frédéric Verspeeten
Prédication du culte radiodiffusé sur France 2, Présence protestante, le 8 février 2015

 

 

 

Mars 2015

 

  

                                                                Décembre 20014

 

Le mot du mois

 

 

Joseph et Jésus enfant, Georges de La Tour 1645.
 Musée de Louvre

Il était une fois une petite toile de peinture abandonnée dans un coin de grenier.

Tout était sombre et rien ne laissait deviner la luminosité et la valeur de l’œuvre.

Elle gisait là, dans un coin poussiéreux.

Oubliée de tous et de toutes, jusqu’au jour ou une enfant de neuf ans la redécouvrit.

Elle s’assit, la pris dans ses mains, la contempla, et souffla sur la poussière qui s’envola, formant un nuage crémeux.

Elle frotta du revers de sa manche, la toile et soudain, une lumière blanche venue du centre de la toile lui illumina le visage et éclaira ses yeux.

Quelle beauté !

Le dessin ? Un vieil homme et un enfant, tenant une bougie dans ses mains…

 

 

La fragilité de l’œuvre mais aussi la sensibilité du dessin n’échappa pas à l’enfant qui bien qu’ignorant tout de la peinture en fut ravie et la descendit dans sa chambre

Elle la cacha sous son lit et, chaque soir quand les lumières de la maison s’éteignaient et que les bruits s’estompaient, elle regardait le tableau fasciné par la lumière intérieure qui s’en dégageait.

Elle ne dit rien à personne et garda son secret toute sa vie.

Et les mois, les années passèrent, et Lucile ne cessait de contempler son tableau, dans les instants de joies et de peines, de soleil et de pluie.

Quand Lucile fut une vielle dame, elle le donna à sa petite fille Louise. Elle prit soin de lui expliquer l’histoire de la naissance de la lumière, celle qui ne meurt jamais et qui accompagne chacun et chacune de nous quelles que soient les circonstances.

« Noël, dit-elle à Louise, ce n’est que cela, la découverte d’une lumière que l’on attendait sans trop y croire et qui soudain vous éclaire les yeux, le visage, le cœur et illumine votre vie entière, révélant le secret du mystère de la vie » (d’après un conte pour le temps de Noël de Laurence Fouchier-Tartar).

La lumière, la vraie lumière, celle de Dieu ne s'enferme pas dans un coffre, ne se possède pas : elle se reçoit, et elle peut alors produire un reflet, mille reflets. Est-il possible que nos vies, le plus souvent fort ordinaires, transmettent effectivement quelques rayons de cette lumière de Dieu ? Voilà la promesse et en même temps l’appel, impérieux et insistant, de celui qui n'a jamais voulu être le Christ sans rassembler et envoyer des disciples (Mt 5, 13-16).

Nous ne sommes lumière qu'en recevant la lumière, et ce n'est jamais fait une fois pour toutes. Comment nous enorgueillir d'être un reflet ? Mais que serions-nous si nous nous refusions à être un reflet, si nous considérions que la lumière reçue de l'Évangile nous est destinée et que c'est à chacun de se débrouiller ? Acceptons, au contraire, d’être tel qu’un miroir qui reflète la lumière malgré ses propres imperfections. La source de la lumière est abondante, et la foi qui y puise n'est pas illusion.

En ces temps de l’Avent et de Noël qu’il soit donné à chacun et à chacune d’entre nous, de découvrir et partager avec les enfants et les jeunes, avec tous, cette lumière venue de l’intérieur, celle du cœur, de l’amour et de la paix et, qu’ensemble, nous nous laissions conduire par elle.

Joyeuses fêtes.

Nicole Vernet

 

 

Décembre 2014

 




                                                                Eté 2014

 

Le mot du pasteur

 

 

Eté 2014

Les mois d’été nous amènent, quand cela est possible, à quitter nos petites habitudes pour prendre un temps de repos ou pour voyager. Ce ne sont pas nécessairement ceux qui s’agglutinent sur des plages bondées où il faut se battre pout trouver un mètre carré de sable qui se reposeront le plus.

Le repos dans la Bible est avant tout une démarche de retrait, un lieu propice, mais cela peut être aussi un moment de communion particulière avec Dieu…et il n’y a pas en cette matière de technique particulière. Chacun doit pouvoir découvrir ce qui lui permettra de se retrouver, d’apaiser ses craintes, ses tentions internes, ses souffrances.

En vacances nous voulons souvent tout lâcher, ne rien faire, et  pourtant même là l’ennui peut nous guetter … alors plutôt que de rester à rien faire pourquoi ne pas prendre un peu de temps pour :

·                     Aller nous  Lire dans la Bible notre passage préféré, ou autre chose, puis remarquer la profonde résonance avec ce que nous sommes...

·                     Désirer jusqu’à la douleur et la révolte que les choses soient autrement qu’elles ne sont... et être soi-même différent...

·                     Écouter de la musique, pas nécessairement religieuse, mais écouter dans la profondeur quelque chose qui nous fasse vibrer. Chanter nous-même, si l'on peut, ou jouer d'un instrument...

·                     Nous tenir dans la paix, dans le silence après le tourbillon de la journée, des rencontres et de la famille...

·                     Douter de Dieu tout en espérant que la confiance (re)viendra, et l'attendre...

·                     Travailler de nos mains à des tâches habituelles. Sans radio, sans un mot, et jouir de ce calme et de ce travail qui n’occupe que la surface de notre attention, et qui laisse libre l’âme...mettre en présence de la nature, sous le soleil ou sous un parapluie, et nous laisser porter par le calme et la beauté...

L’été des vacances, comme toutes choses, passera très vite, et nous reviendrons vers nos tâches quotidiennes. L’Eglise n’y échappera pas et je vous invite déjà à prendre note de toutes les activités que nous avons en partie planifiées pour l’année nouvelle et à nous rejoindre dans de nouvelles propositions telles que groupe de prière, atelier liturgique et de prédication, groupes de maisons ou à vous engager dans ce qui existe déjà...

Bon été à tous et que Notre Dieu vous garde et vous renouvelle !

Avant de conclure je vous laisse le texte suivant du pasteur Daniel Bourguet, membre de la communauté des veilleurs …

Témoignage de Daniel Bourguet sur la prière

La prière, mon frère,
c'est aussi une aventure étonnante,
qui te fait quitter le port douillet de
certaines certitudes
pour te lancer sur l'océan infini
de l'amour de Dieu.
Il t'appartient de hisser la voile,
de larguer les amarres,
de lever l'ancre, de te mettre à la barre,
de t'exposer au vent sur les profondes eaux...
Le vent ? C'est le souffle de Dieu.
Sans lui tu n'avanceras pas ;
c'est lui qui t'enveloppe et te prend ;
c'est lui qui t'enlace et t'expose ;
c'est lui qui t'entraîne loin du port et qui t'isole..
mais n'aie pas peur !
Il est maître du vent, des courants et des flots ;
l'océan repose sur lui.
Et puis quand tu découvriras
que ta fragile embarcation
n'a laissé derrière elle aucune trace
pour retourner au port,
il te sera donné de découvrir, émerveillé,
une main amie tenant la barre avec toi...
Alors tu iras jusqu'au bout...
Mais va mon frère, le vent se lève...

Frédéric Verspeeten

 

 

Eté 2014

 

                                                        juin 2014       

 

Le mot du pasteur

 

 

Juin 2014

Les jours s’égrènent, les années passent, nos amis nous quittent, la vie se poursuit sans que l’on comprenne toujours quel en est le cours et où nous allons ; un jour Jésus, dans l’Evangile selon Jean, rencontra Nicodème.

Cet homme cherchait à comprendre le sens, à comprendre où il allait et comment  Dieu pouvait intervenir dans la vie des humains… Jésus évoqua alors avec lui l’œuvre secrète et pourtant réelle de L’Esprit de Dieu… Le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais ni où il va ni d’où il vient… Il conduit nos vies et nous aide à avancer, à comprendre mais il faut du temps.

L’Esprit de Dieu nous invite à le prier, à croire en sa présence et à lui dire avec simplicité les mots de cette prière qui reste toujours possible, qui nous ouvre à sa présence quotidienne et que nous empruntons à Jean-Pierre Dubois-Dumée :

Seigneur, maître du temps,
fais que je sois toujours prêt à Te donner
le temps que Tu m'as donné.

Seigneur, maître du temps,
aide-moi à trouver chaque jour

le temps de Te rencontrer
et le temps d'écouter les autres,

le temps d'admirer
et le temps de respirer,

le temps de me taire
et le temps de m'arrêter,

le temps de sourire
et le temps de remercier,

le temps de réfléchir
et le temps de pardonner,

le temps d'aimer
et le temps de prier.

Seigneur, maître du temps,
je Te donne toutes les heures de cette journée
et tous les jours de ma vie,
jusqu'au moment où j'aurai fini
mon temps sur la terre.

Amen

Frédéric Verspeeten

 

 

Juin 2014

 

                                               

                                                        Mai 2014

 

Le mot du pasteur

 

 

Un bref entretien avec la Samaritaine…
(Lecture du chapitre 4 de l’évangile selon Jean)

 

Notre récit nous dit que tout cela est arrivé parce que Jésus était fatigué et qu’il avait soif... Alors il a demandé à boire à une femme samaritaine.

Cette femme samaritaine, surgit à une heure improbable pour puiser de l’eau. Un dialogue s’instaure. C’est Jésus qui le provoque en partant d’une demande banale : « donne-moi de l’eau ! ».

Lui, le juif, qui ne devrait même pas être là ; qui ne devrait pas traverser la Samarie, qui aurait dû passer son chemin engage la conversation avec une femme étrangère dont il devrait même éviter le regard… Mais Jésus encore une fois lève les préjugés, dépasse les barrières culturelles et demande à boire.

La curiosité de la femme la pousse à dialoguer avec lui… Il est d’abord question d’eau. Lui parle d’eau-vive mais elle parle de bidon, de récipient, pour puiser de l’eau. Ils n’évoquent pas la même chose…

Ce qui a retenu mon attention aujourd’hui dans ce récit c’est que peu à peu au travers de leurs échanges la Samaritaine va évoluer. Bientôt elle posera la question : « Qui donc est cet étranger ? ». Un prophète, le Messie, celui qui comble les attentes des humains en détresse ?

Peu à peu elle ira de découverte en découverte et entrera dans la certitude de la foi confiante en Dieu dont elle se fera même la messagère.

Dans cet entretien Jésus ne parle pas de dogmes, de vérités de catéchismes, il n’invente pas non plus d’élucubrations sur Dieu et sa nature. Mais lorsqu’il parle avec cette femme, il lui parle de sa vie à elle et il lui dit comment Dieu peut la rejoindre !

Je vois, dans cet entretien entre Jésus et la Samaritaine, une sorte de parabole de ce que Dieu veut faire envers chacun de nous. Le Dieu que révèle la Bible est celui qui désire entrer en dialogue avec chacun de nous ; il nous rejoint là où nous sommes. Nous pourrions penser que cette rencontre est improbable et pourtant c’est ce qui s’est produit entre Jésus et la Samaritaine.

Dieu désire nous rejoindre dans l’épaisseur de nos vies, dans nos détresses, dans nos épreuves, ou même peut être lorsque nous brûlons notre vie par tous les bouts parce que nous la croyons insensée ou lorsque nous nous interrogeons sur le sens qu’elle peut avoir, sur sa valeur.

Entrer en dialogue avec Dieu ! Il n’y a pas de recettes magiques mais ce dialogue intime peut s’engager de différentes manières. Cela peut être pour nous chaque fois que nous ouvrons les Écritures et que nous nous disposons à les laisser éclairer notre vie… Ces moments où nous recevons ce qu’elles disent…Mais aussi ces moments où nous discutons ce qui est écrit, ces moments de désaccord avec ce qui paraît être trop littéral pour être acceptable. Bref ce qui nous oblige à creuser, à réfléchir à tenter d’en exprimer le sens.

La rencontre avec Dieu peut aussi surgir d’une rencontre avec des hommes et femmes qui croisent notre route et qui tout à coup nous redonnent courage pour avancer ou qui nous poussent à nous engager au service des autres ; à ne pas rester insensibles à leur misère.

La rencontre avec Dieu peut aussi surgir dans nos temps de recueillement… Ces moments où nous nous plaçons en retrait pour méditer, nous reposer, réfléchir sur le sens de nos actes, sur nous mêmes, sur ce que nous sommes.

Dans ces moments d’intimité où nous nous souvenons que nous vivons d’abord et avant tout devant Dieu et qu’avec lui il ne faut pas se cacher mais faire tomber les masques pour que nous devenions véritablement nous-mêmes.

Le Dieu qui vient ainsi vers nous n’est pas le Dieu juge, le Dieu à craindre, mais il est d’abord l’ami qui sait tout de nous mais n’exige rien si ce n’est notre attention. Ce qui compte à ses yeux c’est que nous trouvions la Paix.

La Paix n’est-ce pas aujourd’hui, au-delà même des conflits destructeurs de notre monde, ce dont nous avons souvent le plus besoin ? Paix avec notre passé ; Paix avec nos collègues, nos amis, nos ennemis, nos proches ; Paix avec nous-mêmes ; Paix avec Dieu.

Et dans tout cela Dieu ne nous propose pas un rituel de purification, il vient s’asseoir près de nous, il se contente de nous ouvrir la porte et nous offre une place… Il vient apaiser notre soif. Ainsi il nous rend capables de nous relever et de continuer la route en sachant bien que nous ne serons plus seuls.

Nos vies sont bien sûr touchées par la souffrance, la peine, le deuil, les épreuves inattendues. Que de fois nos espoirs ne se sont-ils pas brisés sur les récifs implacables de la vie !

Face à ces tumultes, il nous propose son eau-vive. L’eau qui redonne la vie, le goût de vivre.

Aujourd’hui plus encore qu’autrefois les images que nous nous faisons de Jésus sont diverses. Pour certains il est : un prophète, un illuminé, le Messie, le Sauveur, le Fils de Dieu, le guide, un Sage parmi les sages, un grand philosophe. Il y a certainement du vrai dans beaucoup de ces affirmations.

Mais ici Jésus nous est présenté comme celui qui entre en dialogue avec chacun de nous comme Dieu lui-même. Celui qui, de la part du Père, nous apporte son eau-vive, la vie en vérité et en plénitude.

Pour nous qui le croyons si souvent absent, comme dans l’histoire de Jésus et de la samaritaine, il se révèle paradoxalement présent. Il nous trouve tels que nous sommes et nous permet de venir vers lui.

Il ne demande pas ce que nous avons été mais ce que nous sommes maintenant. Il nous révèle sa Grâce et son infinie compassion !

Dans notre récit Jésus laisse entrevoir que Dieu ne réside pas dans les nuages mais dans la rue, dans la vie de tous les jours. Nous le croyons complexe et incompréhensible, il se révèle simple et à notre portée. Il nous redit que nous pourrons toujours compter sur lui, son amour est fou.

Car comme le dit l’évangile de Luc, le Fils de l’homme, celui que Dieu a envoyé est venu chercher et sauver ce (et non ceux !) qui était perdu" (Lc 19, 1-10). Dieu ne fait pas de distinction entre les humains : entre ceux qui seraient sauvés d’un côté et les perdus de l’autre.

Contrairement à ce que j’ai pensé dans le passé, je crois aujourd’hui que le Christ vient chercher en chacun de nous CE qui est égaré, CE qui nous éloigne de Dieu. C’est là la bonne nouvelle de l’Évangile en ce temps de carême qui nous conduit vers Pâques, Dieu est venu chercher au plus profond de nous CE qui était enfoui, oublié, perdu et il nous inonde de son eau-vive.

Amen

Frédéric Verspeeten
Prédication du culte télévisé sur France 2, Présence protestante, le 23 mars 2014

 

 

 

Mai 2014

 





                                                       mars 2014

 

Le mot du pasteur

 

 

Réflexions sur l’espérance

La Bible mentionne trois choses essentielles ; c’est Paul qui le dit dans le chapitre 13 de l’épître aux Corinthiens : « Désormais trois choses demeurent : la foi, l’espérance, l’amour ». Et il conclut que la plus grande des trois, c’est l’amour.


Mais aujourd’hui, c’est sur l’espérance que je voudrais m’arrêter quelques instants.
Je vous livre simplement ce petit florilège de paroles sur l’espérance.

L’espérance, ça vient d’on ne sait où ; ça va plus loin que nous.
Écrite en rouge, sur les murs des prisons, elle se nomme LIBERTÉ.
Écrite en transparence dans les yeux des enfants, elle se nomme VIVRE.
Écrite en bleu sur le gris de nos villages, elle se nomme HORIZON.
Écrite en blanc sur le noir de nos vies, elle se nomme ESPOIR.
Écrite en vert dans le jardin secret des quinze ans, elle se nomme AVENIR.
Écrite en demi-teinte sur le visage des gens seuls, elle se nomme AMOUR.
Écrite en rose sur les traits de nos mains, elle se nomme FRATERNITÉ.
Écrite en arc-en-ciel sur le soleil couchant, elle se nomme DEMAIN.


Et maintenant donnons la parole à Charles Péguy :
« La foi que j’aime le mieux, dit Dieu, c’est l’espérance. La foi, ça ne m’étonne pas, ça n’est pas étonnant. J’éclate tellement dans ma création. Mais l’espérance, dit Dieu, voilà ce qui m’étonne. »

« Ça c’est étonnant, que ces pauvres enfants voient comment tout ça se passe et qu’ils croient que demain ça ira mieux, qu’ils voient comment ça se passe aujourd’hui et qu’ils croient que ça ira mieux demain matin. »

« Ça c’est étonnant et c’est bien la plus grande merveille de notre grâce. Et j’en suis étonné moi-même »

« Il faut, en effet, que ma grâce soit d’une force incroyable, et qu’elle coule d’une source et comme un fleuve inépuisable. »

« La petite espérance s’avance entre ses deux grandes sœurs, et on ne prend seulement pas garde à elle. Sur le chemin du salut, sur le chemin charnel, sur le chemin raboteux du salut, sur la route interminable, sur la route entre ses deux sœurs, la petite espérance s’avance. C’est elle, cette petite, qui entraîne tout. Car la foi ne voit que ce qui est. Et elle, elle voit ce qui sera. »

« La charité n’aime que ce qui est. Et elle, elle voit ce qui sera.
La foi voit ce qui est dans le temps et l’éternité.
L’espérance voit ce qui sera dans le temps et l’éternité. Pour ainsi dire dans le futur de l’éternité même. »


Puissions nous chacun à notre manière trouver les chemins de l’espérance.

Frédéric Verspeeten

 

 

Le mot du pasteur

 

                                                        novembre 2013

 

Le mot du mois

 

 

L’Église… c’est quoi en vérité ?

Connaissez-vous l’histoire de ce petit alsacien qui se baladait dans la ville de Strasbourg accompagné de son grand père et qui lui dit tout à coup : C’est quoi ces monuments, ces grandes aiguilles vers le ciel et ces gros toits tout ronds ?

L’adulte lui dit alors : Ce sont des églises et des temples.

L’enfant repris :- Et ça sert à quoi des églises et des temples ?

Voilà nous sommes au cœur de la question !

Il y a des réponses diverses à celle-ci. L’Église diront certains, ça ne sert à rien, ça sert à s‘abriter quand il pleut ou encore à enterrer les morts, c’est un simple monument sur la place du village. C’est aussi un lieu de concerts ou d’expositions. Mais d’autres iront plus loin et diront ça coûte cher ou c’est vieillot, ou encore ça pue, il y a des odeurs bizarres à l’intérieur !

Le problème c’est qu’aucune de ces réponses ne dit ce qu’est l’Église.

Alors je reviens à ma question : qu’est ce donc que l’Église ?

Si l’on se réfère aux évangiles Jésus dit à ses disciples que son Église n’est tout d’abord et avant tout qu’une communauté d’hommes et de femmes qui ont entendu l’appel du Christ et au travers de celui-ci le message de Dieu lui-même. Ils y ont répondu : Me voici…

L’Église n’existe que parce qu’elle est une assemblée de disciples en marche et en recherche. Les hommes et femmes qui l’habitent ont entendu l’appel du maître et ils veulent se laisser convaincre et croire que le monde n’est pas livré à l’inéluctable et aux puissances du mal.

Elle devient alors cet espace d’accueil de personnes aux itinéraires extrêmement différents. L’Église de Jésus-Christ n’est pas d’abord catholique (encore moins romaine) ou orthodoxe ou protestante elle est avant tout une communauté de vie où se retrouvent des hommes et femmes qui vont faire un bout de chemin ensemble interpellés par la parole du Christ. Elle n’est pas un bâtiment, une salle de concert. Elle est le rassemblement de celles et ceux qui croient que le monde est promis à l’espérance malgré la nuit !

Alors nous pouvons rêver l’Église, l’imaginer, la construire. Elle est portée par l’amour de Dieu. Elle est habitée par des gens pleins de forces et de faiblesses, mais qui peuvent être modifiés, corrigés, transformés et qui peuvent reconsidérer leur manière de vivre à la lumière du Christ.

Le pasteur Dietrich Bonhoeffer quelques heures avant sa mort disait :

« Il viendra un temps où il faudra que l’Église ne soit plus ce qu’elle est mais qu’elle rassemble tous ceux qui viendront vers elle dans un monde troublé, sans Dieu, dans un monde à la recherche de lui même…et qu’avec ces hommes et femmes venus de partout et nulle part, s’édifie l’Église selon le projet de Dieu.

L’Église de demain sera une Église qui fondera son espérance en celui qui renouvelle toutes choses parce que Jésus-Christ est ressuscité et qu’il édifie toujours son Église dans un monde plongé dans l’obscurité. »

Le Christ nous appelle tous à être son Église, à la construire ensemble, à ne pas imposer nos modèles du passé et à ne pas être nostalgique d’une Église d’hier qui d’ailleurs n’a existé que dans notre imaginaire !

Ainsi avec cette communauté qui accueille faibles et forts nous devenons des témoins véritables, des évangélistes, des proclamateurs d’Évangile, des proclamateurs de la Bonne Nouvelle, des hommes et des femmes de foi.

Au moment où notre Église devient « Église Protestante Unie », elle procède évidemment à une modification administrative, mais le plus important c’est qu’elle tende une main d’association à celles et ceux qui veulent construire l’Église de demain, là où ils sont en tous lieux et cela ne verra le jour que si vous l’habitez de votre présence.

Arrachez de votre esprit les modèles d’hier, les déceptions, avançons ensemble. Le Seigneur laisse son Esprit souffler où il veut !

Frédéric VERSPEETEN

 

 

novembre 2013

 

                                                        octobre 2013  

 

Le mot du mois

 

 

Nous avons mille et une raisons d’espérer

Et de faire ce pari d’espérance auquel nous invite la Fédération protestante de France. Nous avons mille et une raisons de croire que le meilleur est encore à venir ; que de l’humanité, de Dieu, de la vie, tant de choses restent à découvrir et à aimer. Nous avons mille et une raisons de retrouver Jésus aux noces de Cana et de partager avec lui l’esprit de la fête, et de se réjouir que le meilleur vin soit laissé pour plus tard !

  Jamais la recherche scientifique n’a été aussi prometteuse. Il n’y a jamais eu autant de monde dans les musées, de livres publiés, de films produits, de pièces de théâtre et de concerts donnés en France. Il n’y a jamais eu autant de jeunes prêts à s’engager pour des causes humanitaires, d’associations 1901, d’argent distribué pour des actions caritatives. Il n’y a jamais eu autant de personnes prêtes à s’engager en politique, jamais eu autant de lois et de décrets protégeant les lieux sociaux, jamais eu autant de recherches en économie alternative. Nous n’avons jamais été aussi conscients des grandes menaces qui pèsent sur le plan écologique, jamais aussi alertés devant les risques du totalitarisme. Jamais le dialogue entre les religions n’a été autant valorisé.

  À cause de tout cela nous ne céderons pas aux mièvreries culpabilisantes dont certaines Églises usent encore pour condamner le monde au profit d’une espérance chimérique, d’un royaume qui ne donne plus envie.

  L’espérance à laquelle les évangiles nous appellent est tout autre. Elle est fondée sur le Christ, c’est-à-dire sur le oui sans réserve que Dieu adresse à l’humanité. Dieu a tant aimé le monde, nous dit l’Évangile. C’est cet amour sans condition qui nous permet à notre tour d’aimer le monde et de le croire, en Dieu, capable de merveilles.

  Il y a des drames terribles, des existences brisées, en lambeaux, des injustices et des violences effroyables. Mais face à cela, il y aura toujours un prophète, un sage, un poète. Il y aura toujours le Christ pour nous dire que la vie ne se réduit pas à ses échecs. Il y aura toujours un « cependant » pour nous raccrocher à la vie, nous donner envie d’y croire malgré tout, envie de scruter une nouveauté encore possible, de faire le pari de l’espérance

 Raphaël Picon
Evangile et Liberté – Août-Septembre 2013

 

 

octobre 2013

 

                                                  

                                                        Avril 2013

 

Le mot du mois

 

 

Vous êtes sel de la terre et lumière du Monde !
Matthieu 5,13-16

C’est une bonne nouvelle ! Une bonne nouvelle à la fois provocante et encourageante pour nous tous…

Trois petits versets ! Trois petits versets de rien du tout, coincés entre les Béatitudes et le « discours programme » de Jésus. Trois petits versets entre deux textes magistraux.

Oui, à peine quelques mots, mais déterminants, pour notre vie, car il ne faudrait pas croire que ce sont des paroles en l'air qui ne nous disent rien de nous et de nos vies. Ce serait même plutôt le contraire.

Placés après le texte des Béatitudes, tellement facile à déformer et à pervertir, dans la résignation douloureuse ou dans l'exaltation spirituelle et avant la démesure de ce qui constitue l'essentiel du sermon sur la montagne de Jésus qui parcourt la Loi et la réinterprète au nom de l’amour… « Eh bien ! Moi je vous dis », voilà que, presque furtivement, une parole m'est adressée, nous est adressée : "Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde".

Face à tous ceux qui ont tenté de s’approprier l’éclat de la lumière de Dieu et à tous ceux qui espèrent le lui rendre, Jésus vient en rajouter une couche en disant : « C’est vous qui êtes le sel de la terre et la lumière du monde ».

Derrière ce « vous » il faut voir tous ceux qui sont rassemblés autour de lui pour écouter le sermon sur la montagne dont ce discours fait partie. Et à travers eux, il s’adresse à ceux des lecteurs de l’Évangile qui s’identifient à leur tour aux témoins de la première heure. Ils rejoignent ceux qui écoutent Jésus assis au flanc de la colline qui domine le lac.

Trois petits versets de rien du tout dans lesquels il nous est dit qu'être disciple, qu'être chrétien cela n'a rien à voir avec nos mérites, que cela n'a rien à voir avec une compétition mais que c'est une promesse ; celle de rendre visible le Christ, rendre présent son amour et active sa parole.

Et pour cela, même si Dieu se suffit à lui-même, il a choisi d’avoir besoin de chacun d'entre nous ; c'est là notre vocation, que ce soit aussi notre joie de chaque instant.

Qu’en ce temps de notre calendrier liturgique, avec une saveur renouvelée, nous partagions ensemble la lumière de Pâques qui éclaire notre chemin et nous permet et permettra à chacun de nous, de mener sans défaillance le combat de l’espérance et de la vie !

Nicole Vernet

 

 

avril 2013

 

                                                        mars 2013

 

Le mot du mois

 

 

Pêche miraculeuse

Vous connaissez tous le récit de la pêche miraculeuse dans l’évangile selon Luc au chapitre 5 ; le voici ci-dessous :

Comme Jésus se trouvait auprès du lac de Génésareth, et que la foule se pressait autour de lui pour entendre la parole de Dieu,

il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets.

Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule.

Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon : Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher.

Simon lui répondit : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je jetterai le filet.

L'ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait.

Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfonçaient.

Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit : Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur.

Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite.

10 Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon : Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes.

11 Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent. Texte Louis Segond (LSG)

Vous remarquerez que les héros de ce récit ne sont pas des hommes qui suivent Jésus sans réticences. Pierre par exemple, après avoir écouté les paroles de Jésus qui leur conseille de remonter dans leurs barques et d’aller à nouveau pêcher : Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre !

Ils n’ont pas foi en ses paroles, mais c’est par amitié et sympathie pour lui ils vont y aller : sur ta parole, je jetterai le filet.

Finalement l’inattendu, l’impossible arrive…

Dieu se servira plus tard de ces hommes et femmes fragiles et imparfaits pour qu’ils soient ses témoins.

Et oui la bible n’est pas une galerie de portraits de surdoués incollables et sans défaut, Dieu a même peut-être récupéré les pires… Vous voulez vous en convaincre ? Alors d’accord je vous propose une petite liste :

Abraham était vieux et diminué ; Jacob était en danger permanent ; Léa était peu attrayante… elle n’avait que des yeux délicats ; Joseph a été injustement traité ; Moïse bégayait ; Gédéon était pauvre ; Élie était suicidaire ; Jérémie dépressif ; Jonas était hésitant, timide et peureux ; Naomi était veuve ; Jean-Baptiste était original, il aimait se déguiser comme au carnaval, il avait trouvé un joli costume d’homme des cavernes !!! Pierre était irréfléchi, impulsif, colérique, peu cultivé ; Marthe était exigeante ; Marie sa sœur était un peu mystique et rêveuse, voire amoureuse ! La femme Samaritaine n’avait pas bonne réputation tout comme Marie-Madeleine ; Zachée était impopulaire et un peu difforme, trop petit ; Thomas doutait et ne faisait pas vraiment confiance aux autres ; Paul avait des problèmes de santé et voulait tout régenter dans son unique vision ; Timothée était timide il fallait le pousser sinon il se mettait en réserve.

Bon est-ce-que cette liste vous suffit ou faut-il encore en ajouter ? J’en ai encore en réserve ! Mais ça suffira pour aujourd’hui… Pourtant, on m’avait dit quand j’étais plus jeune que la bible était remplie de super héros et plus je l’ai lue moins j’en ai trouvé.

L’Église c’est pareil, c’est vous, c’est moi, c’est nous, avec les mêmes défauts et faiblesses que celles ci-dessus esquissées.

Et c’est avec nous, avec ces fragilités que Dieu veut faire toutes choses nouvelles. Venez et voyez, ne jetez pas la pierre aux autres, apportez la votre pour construire l’édifice… À bientôt !

Frédéric Verspeeten

 

 

mars 2013

 

                                                          février 2013

 

Le mot du mois

 

 

L’ode à l’amour revisitée …

Nous connaissons les relectures du Nouveau Testament par notre ami Roger Parmentier. Voici celle de la fameuse ode à l’amour de l’apôtre Paul en I Corinthiens 13, tirée de son livre L’Évangile autrement. Je la soumets à votre méditation !

***

Je vais vous donner la clef de tout : même si je sais parler les langages les plus modernes ou les plus merveilleux, comme les langages politiques, ceux de la philosophie, de la poésie ou des ordinateurs, si je manque d’amour, reçu et donné, je n’ai pas plus de valeur que les propagandes ou les publicités.

Même si je suis un champion de la spiritualité ou de la contestation prophétique, même si j’ai cette foi qui comprend tout et qui change le cours du monde, si je manque d’amour, je ne suis qu’une vie stérile, un esprit dévasté.

Même si je me laisse emporter par les enthousiasmes charismatiques, hallucinogènes ou éthyliques, même si je suis un militant exemplaire, même si je fais don de ma personne à la science ou à la révolution, si je manque d’amour, si je cherche au fond ma propre satisfaction, si je veux par dessus tout avoir raison, je ne fais rien de positif et provoque au contraire de terribles dégâts.

L’amour est plein de compréhension et de tendresse ; il découvre le prix immense de tous les méprisés et laissés pour compte ; il ignore le fanatisme et le complexe de supériorité ; il déteste les triomphalismes.

Mais pour la bonne cause il ne fait rien de malhonnête ; il n’agit pas dans l’intérêt de l’Église ou du parti ou de soi-même.

Il ne transforme pas son indignation en haine ni en désir de vengeance. Il ne se réjouit d’aucune injustice, même atteignant ses adversaires, d’aucun mensonge, même s’il paraît utile.

En toute circonstance il a le courage de pardonner, il a l’audace de la foi, une espérance plus forte que les raisons de désespérer, et la patience impatiente qui prépare le monde heureux.

L’amour l’emportera toujours. Même l’Évangile sera périmé un jour, et bien sûr aussi nos phénomènes soi-disant religieux et nos prétendues compétences. Car tout ceci appartient à nos existences imparfaites. Lorsque la perfection sera réalisée, tout le reste sera aboli.

Quand nous étions enfants, nous avions un langage puéril, des craintes puériles, des conceptions puériles. En grandissant, il a bien fallu rejeter ces enfantillages.

De même aujourd’hui, le monde regarde la réalité à travers des idées fumeuses. Le jour vient où la réalité resplendira. « La vérité vaincra ». Aujourd’hui, nous n’avons qu’une connaissance rudimentaire de nous-mêmes, du monde de la vérité. Le jour approche où nous connaîtrons tout, comme Quelqu’un nous connaît.

Dans ce temps de lutte, nous pouvons recevoir la foi démythisée, l’espérance prophétique et l’amour, nos trois armes essentielles. Mais la principale, c’est l’amour.

De la part de Frédéric Verspeeten

 

 

février 2013

 



                                                        janvier 2013

 

Le mot du mois

 

 

L’embarras d’une nuit de fin du monde…

C’était le soir du 21 décembre, je me suis dit, ça y est, c’est la nuit de la fin du monde alors que faire ? Avoir peur ? Trembler ? Me repentir de tous les péchés possibles, même de ceux que j’ignore, comme cela si j’en ai oublié, Dieu ne le verra pas !!!

Non ! Je vais plutôt boire un dernier coup. Oui, mais que boire ? Je ne vais quand même pas mélanger bière, vin rouge, vin blanc vendanges tardives et champagne sans oublier un bon whisky de 20 ans d’âge. En fait je ne ferai pas cela car je ne verrai rien des événements de cette nuit. Tout bien réfléchi si tout va si vite je ne verrai rien. Bon alors que faire ? Dormir… mais je n’ai pas sommeil. Prier oui ça pourrait être bien !!!

Non je peux encore passer un coup de fil aux êtres auxquels je suis le plus attaché leur dire combien et pourquoi je les apprécie ! Je ne l’ai peut être pas assez fait… et puis finalement je me suis endormi… et vint le jour suivant. Comme toujours le soleil se leva un peu tard en cette saison mais il y avait bien un rayon de soleil et ouvrant mon volet j’ai senti la douceur de l’air du matin bien qu’il soit glacial.

Et de fin du monde en cette nuit il n’y en eut pas. Alors je me suis dit que je pourrais bien reprendre l’une après l’autre les choses que j’ai eu l’envie de faire la veille au soir.

Je me suis souvenu de ce que disait ce sage de la tradition d’Israël : " Chaque matin quand tu ouvres ton volet et que tu vois la lumière dis-toi que Dieu n’a pas changé d’avis ; qu’il fait encore rayonner son soleil sur les justes et les autres et remercie-le pour la vie qu’il te donne ’’. Je l’ai fait et j’ai repris ma route en faisant confiance à Dieu car quoi qu’il arrive nos vies sont dans sa main. Non pas dans la main d’un Dieu qui brise nos petites figures d’argile mais dans la main d’un ami attentif en qui nous pouvons garder notre confiance.

Cette année sera pour beaucoup d’entre nous joie mais aussi épreuve de santé, perte d’être cher, soucis imprévus. Mais en toutes ces choses nous ne serons jamais vraiment tout seul… Il suscitera en nous la consolation, la force, la volonté, l’amour et il placera sans aucun doute sur notre route des êtres qui seront près de nous quelque chose de lui et de sa volonté. Dans ce contexte oh Dieu ! Aide-nous à bien compter nos jours en nous appuyant sur ta sagesse.

Bonne et joyeuse année à tous

Frédéric VERSPEETEN

 

 

janvier 2013

 

                                                        décembre 2012

 

Le mot du mois

 

 

Noël 2012

Chers amis, cette année encore et comme chaque année Noël revient avec ses décorations, son mystère, sa féérie, le merveilleux… Pourtant, nous aurions tort de croire que Noël n’est qu’un jour à part, qu’une trêve passagère.

Ma conviction est que si la foi doit se vivre dans l'exceptionnel et le merveilleux, comme c'est le cas dans la période de Noël, elle doit d'abord se vivre dans le banal, le quotidien et l'ordinaire. Relisons les récits bibliques. Ils ne nous disent pas autre chose. Cherche-t-on Dieu au ciel ? Ils nous disent qu'il est sur la terre. Attend-on un Messie glorieux ? On lit qu'il vient comme un pauvre et un faible « sans lieux où reposer sa tête ». La naissance de Jésus serait celle d'un roi ? Elle est au contraire marquée par la faiblesse et la misère des exclus. Veut-on être servi ? L'Évangile nous demande plutôt de servir.

En cette fin d'année 2012, sachons tous trouver Dieu dans notre quotidien. Nous découvrirons alors que le quotidien, éclairé par l'Esprit de Dieu, peut devenir lui aussi merveilleux. Car, selon l’Évangile, Noël c’est l’irruption de la lumière de Dieu au sein de notre humanité et le début d’un changement radical qui s’est mis en marche. Alors comme le disent les paroles du chant : C'est Noël tous les jours !

C'est Noël chaque fois qu'on essuie une larme dans les yeux d'un enfant.
C'est Noël chaque fois qu'on dépose les armes et chaque fois qu'on s'entend.
C'est Noël chaque fois qu'on arrête une guerre et qu'on ouvre les mains.
C'est Noël chaque fois qu'on force la misère à reculer plus loin.
C'est Noël sur la terre chaque jour.
Car Noël, mon frère, c'est l'Amour.

C'est Noël quand nos cœurs oubliant les offenses sont vraiment fraternels.
C'est Noël quand enfin se lève l'espérance d'un amour plus réel.
C'est Noël quand soudain se taisent les mensonges faisant place au bonheur.
C'est Noël dans les yeux du pauvre qu'on visite sur son lit d'hôpital.
C'est Noël dans le cœur de tous ceux qu'on invite pour un bonheur normal.
C'est Noël dans les mains de celui qui partage aujourd'hui notre pain.
C'est Noël quand le gueux oublie tous les outrages et ne sent plus sa faim.
C'est Noël sur la terre chaque jour.
Car Noël, mon frère, c'est l'Amour !

Frédéric VERSPEETEN

 

 

décembre 2012

 

                                                        novembre 2012

 

Le mot du mois

 

 

L’Église… c’est quoi en vérité ?

Connaissez-vous l’histoire de ce petit alsacien qui se baladait dans la ville de Strasbourg accompagné de son grand père et qui lui dit tout à coup :

- C’est quoi ces monuments, ces grandes aiguilles vers le ciel et ces gros toits tout ronds ?

L’adulte lui dit alors :

- Ce sont des églises et des temples.

L’enfant repris :

- Et ça sert à quoi des églises et des temples ?

Voilà nous sommes au cœur de la question !

Il y a des réponses diverses à celle-ci. L’Église diront certains, ça ne sert à rien, ça sert à s‘abriter quand il pleut ou encore à enterrer les morts, c’est un simple monument sur la place du village. C’est aussi un lieu de concerts ou d’expositions. Mais d’autres iront plus loin et diront ça coûte cher ou c’est vieillot, ou encore ça pue, il y a des odeurs bizarres à l’intérieur !

Le problème c’est qu’aucune de ces réponses ne dit ce qu’est l’Église.

Alors je reviens à ma question : qu’est ce donc que l’Église ?

Si l’on se réfère aux évangiles Jésus dit à ses disciples que son Église n’est tout d’abord et avant tout qu’une communauté d’hommes et de femmes qui ont entendu l’appel du Christ et au travers de celui-ci le message de Dieu lui-même. Ils y ont répondu : Me voici…

L’Église n’existe que parce qu’elle est une assemblée de disciples en marche et en recherche. Les hommes et femmes qui l’habitent ont entendu l’appel du maître et ils veulent se laisser convaincre et croire que le monde n’est pas livré à l’inéluctable et aux puissances du mal.

Elle devient alors cet espace d’accueil de personnes aux itinéraires extrêmement différents. L’Église de Jésus Christ n’est pas d’abord Catholique (encore moins romaine) ou orthodoxe ou protestante elle est avant tout une communauté de vie où se retrouvent des hommes et femmes qui vont faire un bout de chemin ensemble interpellés par la parole du Christ. Elle n’est pas un bâtiment, une salle de concert. Elle est le rassemblement de celles et ceux qui croient que le monde est promis à l’espérance malgré la nuit !

Alors nous pouvons rêver l’Église, l’imaginer, la construire. Elle est portée par l’amour de Dieu. Elle est habitée par des gens pleins de forces et de faiblesses, mais qui peuvent être modifiés, corrigés, transformés et qui peuvent reconsidérer leur manière de vivre à la lumière du Christ.

Le pasteur Dietrich Bonhoeffer quelques heures avant sa mort disait :

« Il viendra un temps où il faudra que l’Église ne soit plus ce qu’elle est mais qu’elle rassemble tous ceux qui viendront vers elle dans un monde troublé, sans Dieu, dans un monde à la recherche de lui même…et qu’avec ces hommes et femmes venus de partout et nulle part, s’édifie l’Église selon le projet de Dieu.

L’Église de demain sera une Église qui fondera son espérance en celui qui renouvelle toutes choses parce que Jésus Christ est ressuscité et qu’il édifie toujours son Église dans un monde plongé dans l’obscurité. »

Le Christ nous appelle tous à être son Église, à la construire ensemble, à ne pas imposer nos modèles du passé et à ne pas être nostalgique d’une Église d’hier qui d’ailleurs n’a existé que dans notre imaginaire !

Ainsi avec cette communauté qui accueille faibles et forts nous devenons des témoins véritables, des évangélistes, des proclamateurs d’Évangile, des proclamateurs de Bonne Nouvelle, des hommes et des femmes de foi.

Au moment où notre Église devient « Église Protestante Unie », elle procède évidemment à une modification administrative, mais le plus important c’est qu’elle tende une main d’association à celles et ceux qui veulent construire l’Église de demain, là où ils sont en tous lieux et cela ne verra le jour que si vous l’habitez de votre présence.

Arrachez de votre esprit les modèles d’hier, les déceptions, avançons ensemble. Le Seigneur laisse son Esprit souffler où il veut !

 

Frédéric VERSPEETEN

 

 

novembre 2012

 

                                                         Octobre  2012

 

Le mot du mois

 

 

« Écoute ! Dieu nous parle…
avec des guillemets qui s’ouvrent et ne se ferment pas

C’est avec ces quelques mots que nos églises luthériennes et réformées dans le prolongement du processus d’union nous invitent à devenir, redevenir des témoins du Christ vivant dans le monde d’aujourd’hui. Face aux montées d’égoïsmes, aux excitations religieuses excessives, à l’embrasement insensé au nom d’idées religieuses mal comprises ou déformées nous pourrions nous dire qu’il vaut mieux désespérer de tout et ne plus croire. Pourtant l’attitude du Christ était aux antipodes de celle là. Il nous convie à vivre chaque jour dans la foi, à faire confiance à Dieu et à ne pas le caricaturer.

Dans les propositions qui sont présentées aux églises locales la brochure « Écoute Dieu nous parle… nous invite à réinventer des lieux d’échanges, de témoignage et de partage. Il y a là beaucoup de choses à construire avec la bonne volonté de tous pour que nos églises soient désormais des lieux habitables par tous, pour tous et qui apportent par leur cheminement, non des certitudes mal digérées mais des itinéraires pour construire notre foi personnelle, communautaire, pour redéfinir nos engagements et discerner les lieux de nos engagements publics.

L’union de nos Églises n’a de sens que si l’on considère que nos efforts doivent être conjugués pour témoigner de Jésus Christ. Il nous appelle tous à être ses témoins en entrant dans une nouvelle écoute de sa parole partagée

Et dans ces temps troublés où beaucoup se sentent fragilisés élargissons notre prière au monde entier :

« Rends justice, Seigneur, aux pauvres,
aux opprimés, à ceux qu’on méprise ;
délivre les victimes des puissants ;
rends à tout être humain sa dignité.
Fais de nous, Seigneur, tes yeux, ton cœur, tes mains !

Donne à tous le pain et la paix, un toit et du travail,
la possibilité de s’instruire et d’être informés honnêtement
Fais de nous, Seigneur, tes yeux, ton cœur, tes mains !

Donne aux réfugiés, aux migrants,
aux personnes d’une autre langue, d’une autre peau, d’autres coutumes,
d’être accueillis, respectés, écoutés.
Fais naître dans nos cités et nos églises la vraie fraternité.
Fais de nous, Seigneur, tes yeux, ton cœur, tes mains ».

Amen

Frédéric VERSPEETEN

 

 

 

Octobre 2012

 

                                                        Septembre 2012

 

Le mot du mois

 

 

www.eglise-protestante-unie.fr

Pour ce temps de rentrée nous laissons à votre méditation un bref extrait du message adressé aux paroisses et Églises locales, aux membres et aux ministres de l’Église évangélique luthérienne (EELF) et de l’Église réformée de France (ERF), de la part de leurs synodes général et national réunis conjointement à Belfort du 17 au 20 mai 2012 :

« Nous vivons d’une confiance reçue de Dieu, partagée, contagieuse. Cette parole de grâce première et dernière, c’est la bonne nouvelle que nous découvrons au cœur des Écritures. C’est le message que la Réforme protestante a remis au premier plan. C’est une affirmation d’une pertinence inégalée aujourd’hui. Fondée sur cette confiance, l’Église protestante unie de France veut être une Église qui atteste de sa foi, une Église de témoins, une Église confessante. »

Nous y ajoutons l’adaptation d’une réflexion du pasteur Raphaël Picon sur précisément le même thème.

Évangéliser !

Voilà le maître mot et l’ordre impérieux du moment, l’obligation à laquelle tout chrétien doit se soumettre. Il faut raconter, témoigner, convaincre, sous peine d’être un chrétien lâche, indigne du Christ, de ce qu’il a fait pour le monde et pour nous… Évangéliser aussi pour redorer le blason de nos Églises vieillissantes et de nos confessions de foi de moins en moins partagées.

Dont acte !

Mais évangéliser, c’est d’abord une affaire de contenu. De quel Dieu voulons-nous réellement parler ? Que voulons-nous vraiment transmettre à son sujet ? Tant que la prise en compte de ces questions n’inspirera pas une théologie pour aujourd’hui, cet appel à l’évangélisation restera une incantation culpabilisante et vaine. En essayant, mois après mois, de proposer une nouvelle manière de parler de Dieu et de la foi, de défendre de nouvelles convictions théologiques, « Liens Protestants » est devenu un outil d’évangélisation. Il s’attache à défendre la foi chrétienne contre ce qui la pervertit, et s’emploie à reconstruire un rapport possible au Dieu de Jésus-Christ. Contrairement aux idées reçues, l’évangélisation n’est pas l’apanage des Églises dites « évangéliques ». Elle l’est de toutes celles et ceux qui se préoccupent d’une prédication ou d’une expression de la foi qui font sens pour aujourd’hui, qui nous concernent réellement et qui nous font réfléchir.

Évangéliser consiste donc d’abord à évangéliser le discours théologique lui-même en le rendant plus juste, plus crédible et plus vrai. Et, faut-il le rappeler, évangéliser l’autre, c’est aussi, et peut-être surtout, évangéliser notre relation à cet autre en enlevant à cette dernière ce qui est contraire à l’Évangile et à son souffle de liberté. Un Dieu qui ne s’impose pas à notre foi, mais qui se laisse croire et retrouver, c’est un Dieu qui nous aime d’abord libres de croire en lui, ou non.

www.eglise-protestante-unie.fr

 

 

Septembre 2012

 

                                                        Avril  2012

 

Le mot du mois

 

 

The Artist !

Qui n’a pas entendu des échos de ce film « The Artist » ? Qui n’a pas vu quelques images de l’accueil triomphal réservé à l’acteur Jean Dujardin, à son retour en France, à l’aéroport de Roissy ? Il a été véritablement assailli par une nuée de reporters et cameramen ! Ce film est entré maintenant dans la légende d’Hollywood ?

Au vue de cette actualité, certains ados nous font part de leurs désirs et de leurs rêves : « C’est chouette d’être célèbre, moi aussi je voudrais bien être un artiste ! » Cela m’a fait penser à la célèbre chanson : « J’aurais voulu être un artiste, pour pouvoir faire mon numéro… J'aurais voulu être un chanteur, pour pouvoir crier qui je suis. J'aurais voulu être un auteur, pour pouvoir inventer ma vie ! »

Pourquoi ce besoin de célébrité ? Ce phénomène touche toutes les classes d’âge, même si on l’observe particulièrement chez les adolescents. Ce désir se manifeste plus facilement chez eux, car il est souvent alimenté par la quête d’identité. À l’adolescence, on a du mal à se projeter dans l’avenir et l’on cherche des formes dans lesquelles on va pouvoir être reconnu. Le jeune a besoin de la reconnaissance des autres pour savoir qui il est. La célébrité a un côté très attirant.

Attirés ainsi par l’éclat des stars, comment à l’âge de toutes les envies, nos jeunes peuvent-ils recevoir ce que Jésus déclare dans l’évangile de Jean, en se l’appliquant à lui-même : « Si le grain tombé en terre ne meurt, il reste seul, mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits… ? » Jean 12,20-28.

Jésus, fin observateur de la nature, se sert souvent des choses visibles à la portée de tous, des scènes de la nature et de la vie ordinaire de ses auditeurs pour illustrer sa prédication. Il sait voir dans le lis des champs, dans les fruits du figuier, dans le vol des moineaux, des paraboles profondes sur notre vie et sur Dieu…

C’est à la veille de sa passion que Jésus se voit comme ce grain qui doit mourir, comme un élément de l’univers, acceptant d’obéir à un cycle cosmique qui le dépasse.

Pour ses disciples, pour ses amis, pour celles et ceux qui ont cru en lui, il a fallu intégrer l’impensable, il a fallu intégrer la croix du calvaire. « Scandale et folie », c'est ainsi que Paul qualifie la croix (1 Corinthiens 1,23).

Une question lancinante se posait à la première génération chrétienne pas encore très éloignée des événements, cette question se pose toujours : Pourquoi le maître devait-il mourir ainsi ? Un grand homme, n’est-ce pas un homme dont la réussite est manifeste aux yeux de tous ? Réussir sa vie, n’est ce pas atteindre la consécration d’une carrière ou d’une œuvre ? Si Jésus était vraiment celui qu’il a dit qu’il était, il devait s’imposer et montrer sa force au lieu d’aller périr misérablement entre deux brigands.

À moins que… À moins que sa mort ne soit un passage obligé, obéissant à une finalité supérieure, et c’est bien ce qui est suggéré par l’image du grain de blé : sans enfouissement dans la terre pas de germination des graines, pas de naissance de la génération suivante, et pas non plus de formation de nouvelles graines, pas de multiplication des graines !

Il nous faut dés lors admettre qu’il y a deux manières de réussite ! D’un côté l’évidence du succès. De l’autre un échec apparent énigmatique ! D’un côté un éclat visible, immédiat – l’éclat de la star – éclat qui attire nos jeunes, éclat passager, sans lendemain véritable. De l’autre un éclat qui se fera voir plus tard, lorsque d’une graine cachée dans la terre pourront surgir de nombreuses autres graines, lorsque l’épi mûr paraîtra, on ne sait pas quand.

Comme le grain est orienté vers de futures moissons, notre vie est appelée à donner du fruit.

Comment partager ce message avec nos jeunes sans sombrer dans le catastrophisme, sans tomber dans le sacrificiel, dans un dolorisme qui valoriserait la souffrance et la pauvreté, le lâcher prise ?

Par un appel à la liberté en soulignant que Jésus au cœur même de sa passion reste cependant acteur, c’est lui qui décide : « Ma vie on ne me la prend pas, c’est moi qui la donne » Jean 16,17.

Cette liberté, c’est ce que les Écritures nous enseignent en nous apportant bien plus que des renseignements historiques tendant à localiser Dieu dans le temps et l’espace ou que des essais tendant à le décrire. Elles nous enseignent la capacité de grandir, d’avancer dans la confiance vers Dieu. C’est cette liberté qui est donnée à l’homme Abraham qui part à la découverte de l’inattendu : il sort de sa famille, de son pays, il rejoint une autre terre. Il découvre qu’il ne peut le faire qu’accompagné de cette confiance en Dieu qui sera sa force, Dieu qui se manifeste à lui dans sa pensée, dans sa conscience et non dans des statuettes devant lesquelles se prosterner.

Cette liberté est offerte à tous, à nos enfants, à nos ados, elle doit s’apprendre, comme ce fut le cas pour le peuple sorti de l’esclavage d’Égypte. La liberté oblige à vivre les uns avec les autres, les uns pour les autres ; à sortir d’un état sauvage pour entrer dans une ère civilisée. Les prophètes du Premier Testament rappellent sans cesse cette liberté ; ils luttent contre la facilité à retomber dans ces esclavages que sont les tentations de dominer, de soumettre les autres à son pouvoir, de vivre dans le culte de soi, d’éliminer autrui qui dérange. Le Nouveau Testament ouvre l’apprentissage de cette liberté à chacune, à chacun, individuellement, indépendamment de toute appartenance à un peuple. Vous l’avez en mémoire l’Évangile parle de « la glorieuse liberté des enfants de Dieu » ! (Rom 8,21)

Au fait, le soir du Vendredi saint, Dieu serait-il vaincu ? Non, il n'accepte pas cette défaite ; il ne renonce pas. II riposte de manière surprenante et inattendue en ressuscitant Jésus. Alléluia !

Nicole VERNET

 

 

 

Avril 2012

 

                                                            mars 2012

 

Le mot du mois

 

 

Prophètes d’hier et d’aujourd’hui

Le premier texte nous indique que les israélites constatent la difficulté de vivre le face à face avec Dieu. Alors, Dieu annonce qu’il parlera par des intermédiaires, en suscitant toujours un prophète au sein de son peuple. Il y aura ainsi de nombreux prophètes, sur des registres différents. Comme ces prophètes porteurs des paroles de Dieu, seront humains, ils pourront être faillibles… Seule la Parole de Dieu est infaillible.

Attention, être prophète est une terrible responsabilité car s’il advenait qu’ils disent n’importe quoi, ils devraient en rendre compte : « Mais le prophète qui aura l'audace de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai point commandé de dire, ou qui parlera au nom d'autres dieux, ce prophète-là sera puni de mort ».

En quête d’absolu, l’attente et l’espérance d’Israël se focalisera vers un nouveau grand prophète qui lui, inscrira la Loi de Dieu non pas sur la pierre… mais dans les cœurs : le « prophète Messie ». Il viendra et instaurera la Justice et la Paix de Dieu sur terre et dans l’Univers.

L’interprétation du Messie "serviteur souffrant" annoncé par Ésaïe 52 et 53 perd son sens premier et sa force dans le judaïsme en le remplaçant par le peuple tout entier ! Toutefois, beaucoup de rabbins continuaient et continuent à dire que le Messie annoncé dans Ésaïe 52 et 53 ne pouvait pas, ne peut pas être un peuple mais un homme !

Cet homme, l’Église l’a reconnu en Jésus de Nazareth. Après lui d’autres peuvent prétendre parler, mais ils ne le remplaceront jamais. À la différence des autres prophètes, il est plus qu’une voix, mais l’œuvre de Dieu lui-même en un homme qui inscrit sa Loi dans les cœurs de chair ?

Jésus est apparu et rien n’attirait sur lui le regard (Ésaïe 52-53), mais il enseignait et ce qu’il disait… ce qu’il nous dit, a le pouvoir de transformer nos vies en profondeur. Le Christ est venu non seulement porter une Parole et nous dire "faites et ne faites pas"… mais il a promis et donné l’Esprit saint. Ainsi nos vies peuvent être transformées. La Loi de Dieu peut s’inscrire dans nos cœurs et nos intelligences et non sur des tables de pierre ou des livres.

Le récit de l’évangile de Marc parle de la rencontre de Jésus avec un homme tourmenté. Le dialogue est intéressant :

« … le jour du sabbat, Jésus entra dans la synagogue de Capernaüm et il enseigna. Il se trouva là un homme qui avait un esprit impur, et qui s'écria : Qu'y a-t-il entre nous et toi, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? » Marc 1,24.

Es-tu venu pour nous perdre ? Non ! Mais pour rendre à chacun sa personnalité vraie ! Un combat contre les forces du mal s’instaure… c’est celui de Dieu !

Aujourd’hui, il y a encore des prophètes à certains moments, Martin Luther King ; Dietrich Bonhoeffer (lire les paroles du cantique Alléluia n°47-09). Oui ! Des paroles prophétiques il peut y en avoir encore dans notre monde et dans nos Églises. Ces paroles ne clament pas la valeur du passé, elles rappellent la volonté de Dieu pour aujourd’hui et nous tournent vers demain en nous donnant la promesse de la présence de Dieu :

« Jésus, s'étant approché leur parla ainsi : Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » Matthieu 28,18-20.

Frédéric Verspeeten

 

 

 

Mars 2012

 

                                                        Février 2012


 

Le mot du mois

 

 

Comment devenir serviteurs aujourd’hui ?

Nous aimerions que nos églises changent, qu’elles soient plus dynamiques et parfois « le soir, le matin et à midi, nous soupirons et gémissons » (sous-entendu nous prions) Ps 55,18. Nous pensons qu’elles étaient mieux hier… ». Nous prions pour que Dieu envoie des ouvriers dans sa moisson… Certes ! Jésus a rappelé que la moisson était grande, qu'il y avait peu d'ouvriers, qu’il fallait prier. Mais, nous oublions parfois, que Dieu veut peut être que nous soyons nous-mêmes la réponse à nos propres prières.

Nous voulons une église bien structurée, forte, qui rayonne ! Que faisons-nous ou qu'avons-nous fait ? Nous voulons la croissance de notre assemblée ? Qu'avons-nous fait ou que faisons-nous ? Nous voulons servir le Seigneur ? Nous voulons nous engager dans le service ? Que faisons-nous et qu'est ce que Dieu nous dit ? Entendons-nous son appel ? Persévérons-nous ? Quelles sont nos priorités dans la vie, l'Église de Jésus Christ ou nos envies et nos besoins personnels ?

Dans notre monde il nous est possible de devenir ces serviteurs que Dieu souhaite et attend chaque fois que nous fuyons les passions inutiles, que nous contrôlons notre appétit vis-à-vis des biens trompeurs de ce monde. Chaque fois que nous renonçons à la violence, que nous ne cherchons pas à frapper les autres - pas seulement par le geste mais aussi par la parole. Chaque fois que nous faisons preuve d’indulgence, que nous nous appliquons à la douceur. Ce mot doux signifie ici non pas quelqu'un qui est mou, apathique, mais quelqu'un qui montre de la force, du caractère. Chaque fois que nous préférons nous comporter comme des êtres pacifiques en recherchant la paix. En ne cherchant pas à diviser pour régner, en renonçant aux querelles stériles et aux rivalités mesquines fruits de nos jalousies. Celui qui s’engage dans sa manière d’être au service de Dieu montre la voie et s'efface, il ne cherche pas à paraître.

D'après les paroles de Jésus en Mt 5, « heureux ceux qui procurent la paix », l’Église devrait être le haut lieu de la démocratie, un agent de paix.

Demandons-lui de bénir le travail de notre église, mais engageons-nous complètement. Commençons quelque chose et allons jusqu'au bout sans nous arrêter en chemin. Si nous prions pour le bien de nos familles, de notre entourage, nous devons témoigner devant nos proches. Si nous intercédons pour des gens ou pour l'assemblée qui a des besoins financiers mettons la main au porte-monnaie…

Parfois nous demandons au Seigneur de consoler, d'encourager les personnes seules, en difficulté, mais nous ne faisons pas d'efforts pour eux, pour leur rendre visite pour les aider. Bien sûr Dieu veut que nous lui fassions part de nos requêtes, mais dans bien des cas il veut que nous joignions le geste à nos prières.

Amis, ne laissons pas le passé, avec ses échecs, entraver le présent et barrer le futur. Ne laissons pas nos habitudes, nos conceptions, nos méthodes, même si elles sont bonnes, ne les laissons pas prédominer sur ce que nous percevons clairement être la volonté de notre Seigneur aujourd’hui.

Souvenons-nous, dans Luc 5 versets 1 à 10, les gens se pressent autour de Jésus, pour l'écouter, le voir, le toucher, être guéris. Ils y ont soif d'entendre le message de la vie. La grâce et la vérité sortent de sa bouche et il sait donner une parole à celui qui est fatigué. À côté, il y a Simon Pierre et ses associés, Jean et Jacques. Ils rentrent bredouille de la pêche, leur souci c'est de nourrir leur famille correctement. Ils sont fatigués, découragés, écœurés... sûrement qu’ils n'ont rien capté du message de Vie que vient de donner Jésus à la foule… Alors Jésus leur donne une mission : « Avancez en pleine eau…..Et jetez vos filets….. ». Non seulement Simon accepte d'aller en pleine eau, mais il va jeter les filets.

Comme Simon répondons aujourd'hui « sur ta Parole je jetterai le filet ».

À l'issue de cette pêche, ils vont tout laisser tomber, tout lâcher et suivre Jésus. Ils auraient eu de quoi vivre tranquillement un bon moment, cette pêche venait de leur rapporter gros. Et bien non, ils laissent tout ! Ils vont se consacrer totalement.

Ne vivons pas de nos expériences passées, même si elles ont été bénies, merveilleuses. Oublions le passé et suivons Jésus aujourd’hui. Nous devons apprendre à obéir et à suivre Jésus pour notre joie et notre force. Notre vie est en Lui seul. Lui faire confiance c’est la clé ! Ne dites pas : il ne faut pas m'en demander trop !!! Ou : je ne peux pas !!! Je ne pourrai pas !!!!

Un proverbe danois dit : « Ce que vous êtes est un don de Dieu pour vous ; ce que vous faites de vous-même est votre don à Dieu ».

Mettons au service des autres le don que nous avons reçu (1 Pierre 4,10). Dieu a droit au meilleur de nous-mêmes. Comprenons ce que le Seigneur attend de nous (Éphésiens 5,17). Laissons-nous influencer par l'Esprit de Dieu. Soyons sûrs et certains que Dieu n'est pas limité. Il fait tout parfaitement si nous le laissons aux commandes. Ne ratez pas le plan de Dieu, c'est maintenant, c'est ici et c'est pour vous !

« L'Éternel étend ses regards sur toute la terre, pour soutenir ceux dont le cœur est tout entier à lui » (2 Chroniques 16,9).

Mes frères, mes sœurs, allez-vous être, accepterez-vous d’être vous aussi celui, celle que le Seigneur peut utiliser ? Allez-vous contribuer à accomplir le plan de Dieu ?

 

 

 

Février 2012

 

                                                        Janvier 2012

 

Le mot du mois

 

 

Le temps et nous !

 

Il y a le temps qui nous est donné et le temps que nous donnons.

Il y a le temps mécanique et inexorable des horloges de nos maisons et de nos villes, celui aussi de l'horloge céleste. Il ne tient pas compte des situations personnelles de souffrance et de joie, ni des circonstances. Est-il vraiment le même pour le détenu en prison et le malade à l'hôpital ? Pour les amoureux en "lune de miel" ou les passionnés de jeux ou de voyage ? Le temps que vivons paraît long ou bref selon nos dispositions : insomnies ou amusements, joies ou déception, enfance et quatrième âge…

Il y a aussi le temps que nous offrons aux autres, il se quantifie difficilement. Une parole, un geste, une lettre, un appel téléphonique peuvent marquer nos interlocuteurs pour des heures ou des années. Soit pour ravager leur vie et leurs élans. Soit pour être un stimulant, un équilibre, une confiance, un dynamisme. La puissance d'un sourire, d'une main tendue, d'un don s'étend sur des distances inattendues.

En cette année 2012, combien ferons-nous de gestes, dirons-nous de paroles à valeur incalculable, éternelle ?

Pour Dieu qui veille et nous aime « 1000 ans, sont comme le jour d'hier » (Ps. 90,4). En Dieu, dans l'amour et la confiance, le temps s'évanouit comme un songe au matin. Le temps est vaincu, la mort, signe permanent du temps qui nous constitue et nous fait, l’est aussi.

Après la croix, Jésus est affranchi des limites du temps des hommes. Selon sa promesse, sa présence se concrétise en chacun de nous « Je suis avec vous tous les jours » (Mt 28,20).

Avec l'Esprit de l'Évangile, transformons le temps qui « attend » en temps qui « espère ».

La sagesse n'est-elle pas de vivre chaque jour comme s'il était le dernier de nos jours et plus encore, comme s'il était le premier ?...

C’est avec les mots du poète que les conseillers presbytéraux se joignent à moi pour formuler nos vœux pour cette nouvelle année qui s’offre à nous :

« Nous vous souhaitons des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques-uns.
Nous vous souhaitons d'aimer ce qu'il faut aimer, et d’oublier ce qu'il faut oublier.
Nous vous souhaitons des passions. Nous vous souhaitons des silences.
Nous vous souhaitons des chants d'oiseaux au réveil et des rires d'enfants.
Nous vous souhaitons de résister à l'enlisement, à l'indifférence, aux vertus négatives de notre époque.
Nous vous souhaitons surtout d'être vous. »
(Jacques Brel)

 

 

Janvier 2012